Histoire et patrimoine

L'histoire en quelques lignes,

Le nom de Cassagnes dérive du mot gaulois « cassanus » qui signifie chêne. Bégonhès vient du nom de la famille « de Bégon » dont un représentant se vit attribuer la viguerie carolingienne de Bégon dont Cassagnes était le chef-lieu.
Cassagnes s’est construite probablement dans les années 1000 autour de son château qui fut détruit en 1584, ainsi qu’un grand nombre de maisons au cours des guerres de religion.
Le clocher dont la construction débute en 1471 fut épargné à l’exception de sa ceinture de créneaux d’origine, remplacé par un toit à 4 pans.
Avec le rattachement en 1271 du Rouergue à la couronne, Cassagnes devint la propriété du roi de France et prit alors le nom de Cassagnes Royaux. A partir de 1282, Cassagnes devint une ville franche. Elle était aussi l’une des 4 châtellenies du Rouergue et le siège d’un bailliage.
Son économie était alors basée principalement sur d’importantes foires et sur la tannerie qui permirent à un grand nombre d’artisans « d’accoutrer les cuirs et les peaux et d’en faire grand trafic ».
Les guerres de religion, les épidémies de peste mirent fin à cette activité.

Pour en savoir plus,

Les origines

Le château élevé sur le promontoire rocheux au-dessus du Céor vers l'an mille est à l'origine du bourg de Cassagnes dont le nom vient du gaulois cassanus (chêne). Chef-lieu d'une viguerie carolingienne, territoire administré par la famille de Bégon, d'où Cassagnes (de) Bégonhès, sous l'autorité du comte de Rodez. Une famille de Cassanhes est présente en 1186 dans une donation à Bonnecombe, et en 1262 Pierre de Cassanhes reconnaît tenir en fief de Guillaume de Calmont-de-Plancatge le domaine de Cassagnes. Guillaume de Calmont qui avait épousé la fille de Pierre de Cassagnes fit son testament en 1268 ''dans son château de Cassagnes''.

Vue aérienne ©Richard STORCHI 2021 Tous droits réservés.
Vue aérienne ©Richard STORCHI 2021 Tous droits réservés.

Revenu sous l’autorité du roi, Philippe III accorda, par la charte de 1282,  »au lieu fortifié de Cassanhes de Bégonhès » les privilèges qu’il réservait aux bastides qui devint Cassagnes-Royaux, l’une des quatre châtellenies du Rouergue. Un capitaine ou châtelain à la tête d’une garnison gardait le château et assurait l’ordre de la région.
Des remparts et des fossés entouraient le village dans lequel on entrait par deux portes : la porte Notre-Dame et la porte Ste-Catherine.

La destruction

Cassagnes fut occupé à plusieurs reprises à partir de 1562 par les partisans des huguenots (ceux de la nouvelle religion) qui finirent par incendier le village en 1584 détruisant le château et un très grand nombre de maisons.

Le clocher

En 1471 il fut décidé de construire un clocher digne du lieu. Adossé à la petite église du XIIIème siècle, il s’intégrait avec ses crénaux dans la ceinture des remparts et servait de poste de surveillance du haut de ses 44 mètres. Le bas, qui a longtemps servi de prison, a été récemment aménagé et permet d’accéder aux escaliers du clocher. Au deuxième étage devenu le fond de l’église on peut admirer une remarquable voûte à tiercerons, une rosace à douze lobes et deux fenêtres de style flamboyant. Au-dessus se trouve la salle de l’horloge. De 1897 à 1904 d’importants travaux dans l’église permirent d’agrandir les côtés et d’y créer une voûte s’harmonisant à celle du clocher.

L’importance de la tannerie

 » Ville habitée de grand nombre d’artisans pour accoutrer les cuirs peaux desquels ils font grand trafic  ».

(Enquête 1552)

Plusieurs moulins s’étaient établis très tôt au bord du Céor, puis des tanneurs dont le travail commençait dans la rivière et se poursuivait dans des calquières (ateliers cabanes) qui devinrent de petites maisons où se trouvaient des fosses pour le trempage des peaux et un étage semi-ouvert pour le séchage. Leur nombre fut très important aux XVème et XVIème siècles. Une grande inondation en août 1684 qui détruisit les moulins et 24 calquières marqua la fin de cet artisanat qui avait créé la richesse de Cassagnes. Quelques familles de coyratiers (tanneurs) devinrent de grands marchands qui n’hésitaient pas à se rendre à de grandes foires dans de très lointaines régions. Les mules partaient chargées de peaux et de tous les produits en cuir façonnés par un grand nombre d’artisans travaillant dans leurs échoppes au bas des maisons. La rue des calquières, sous le château, est le dernier indice qui nous relie à cette histoire.

L’inondation du 5 juin 2007 qui a brutalement envahi la place du Bournhou et le bas du village a profondément marqué les habitants qui ont durement travaillé plusieurs jours à en effacer les traces.

Céor

Très proche de Cassagnes l'ancien château élevé dans une boucle du Céor appartenait à la famille de Taurines puis passa aux Hèbles aux XVIème et XVIIème siècles.
Il ne reste du château qui occupait toute l'esplanade que l'ancien donjon qui sert de clocher à l'église du village et un souterrain refuge qui permettait une sortie hors des fortifications.

Eglise de Céor
Eglise de Céor

Sources :
– L’abbé Boscus est à l’origine de la plus importante recherche sur l’histoire de Cassagnes qu’il publia dans le bulletin paroissial  »l’Echo du Céor » dans les années 1950.
– Thérèse Rivière a publié en 2014 un livre  » Cassagnes-Bégonhès, histoire des maisons et des hommes » qui révèle l’importance de la tannerie et l’ascension sociale des marchands qui en résulta.

Le Blason héraldique,

Coupé : au 1er parti : a/de gueules (rouge) au léopard lionné d’or (jaune), b/ d’argent (blanc) au lion de gueules (rouge) ; au 2° d’argent (blanc) au lion de sable (noir) Un accord de 1262 entre Guillaume de Calmont, chevalier, seigneur du château de Cassagnes et Pierre de Cassagnes, damoiseau, prouve qu'au XIII° siècle ce château appartenait aux Calmont de Plantcage qui le cédèrent au roi de France. En 1374, Charles V donna la châtellenie de Cassagnes à Jean II d'Armagnac à condition qu'il renonçât à ses prétentions sur le comté de Bigorre (Bosc, III, p. 243) Il y avait alors en Rouergue quatre châtellenies : La Roque- Valzergues, Laguiole, Saint-Geniez et CassagnesBégonhès. Lors de la confiscation des biens du comte Jean V, en 1470, Cassagnes qui avait été dévastée par les Anglais et par les routiers, échut à Gilbert de Bourbon, comte-dauphin d'Auvergne. L'année suivante, l'évêque Bertrand de Chalençon fit construire l'église et son clocher. En 1489, en vertu d'un arrêt du Parlement de Paris, les quatre châtellenies du Rouergue sont provisoirement réunies à la couronne royale. L’année suivante, les consuls de Cassagnes obtiennent le chaperon mi-parti rouge et noir qu'ils devront porter le dimanche, les jours de fête et de foire (de Gaujal, II, p. 321, 345). A trois reprises, en 1568, 1574 et 1584, Cassagnes fut prise et saccagée par les Huguenots. Ravagée par la peste en 1654, elle fut un instant abandonnée. Le blason de Cassagnes-Bégonhès est composé des armes : au 1er : a/ des Comtes de Rodez, b/ des Comtes d'Armagnac, au 2° des Calmont de Plantcage. Le blason a été choisi à l’issue d’une délibération du conseil municipal du 10 octobre 1953.

Bibliographie indicative :
– Cassagnes-Bégonhès. Histoire des maisons et des hommes : 1500-1900 / Thérèse Rivière.-Aveyron, 2014.
– Cassagnes-Bégonhès / Jean-Pierre Bedel.- Aveyron, 2006.
– CASSAGNES-BEGONHES. Mémoire de ma commune : XXe siècle / Georges Bousquet.- Aveyron, 2002.